- La loi n° 2026-813 du 24 août 2026, publiée au Journal officiel le 25 août, modifie l'article L. 511-5 du code de l'éducation et étend l'interdiction du portable aux lycées.
- Avant cette loi, les lycées avaient une simple faculté d'interdire par le règlement intérieur. Ils ont désormais une obligation : c'est le vrai changement.
- L'interdiction porte sur le téléphone et les autres équipements terminaux de communications électroniques appartenant à l'élève — pas sur le numérique pédagogique de l'établissement.
- Deux exceptions : les élèves en situation de handicap ou souffrant d'un trouble de santé invalidant, et les dérogations prévues au règlement intérieur (usages pédagogiques, CDI, restauration, internat).
- Conséquence pratique la plus sous-estimée : les micro-créneaux de travail de la journée disparaissent et se reportent le soir, en bloc. C'est l'organisation du soir qu'il faut revoir, pas le rapport au téléphone.
Que dit exactement la loi du 24 août 2026 ?
La loi n° 2026-813 du 24 août 2026, visant à protéger les mineurs des risques liés aux réseaux sociaux, a été publiée au Journal officiel du 25 août 2026. Elle modifie l'article L. 511-5 du code de l'éducation. Son entrée en vigueur coïncide avec la rentrée 2026-2027.
Le principe : l'utilisation d'un téléphone portable, ou de tout autre équipement terminal de communications électroniques, par les élèves est interdite dans l'ensemble des écoles, collèges et lycées, ainsi que pendant toute activité liée à l'enseignement se déroulant à l'extérieur de l'enceinte de l'établissement — sortie scolaire, voyage, stage encadré.
Le point juridique que presque personne ne relève
Avant le 24 août 2026, l'article L. 511-5 interdisait déjà le portable à l'école et au collège. Pour le lycée, il ouvrait une faculté : l'établissement pouvait interdire l'usage dans tout ou partie de ses locaux, s'il le décidait. Beaucoup de lycées avaient choisi un régime souple — interdiction en cours, tolérance en récréation.
Ce que la loi supprime, ce n'est pas le droit d'utiliser son téléphone : c'est la marge d'appréciation du lycée.
La conséquence est directe : un lycée qui appliquait une tolérance en récréation, avec l'accord de l'équipe éducative et des parents d'élèves, ne peut plus la maintenir. La règle est devenue nationale et non négociable dans son principe — seules ses modalités relèvent encore du règlement intérieur.
Ce que la loi n'interdit pas (et que beaucoup de parents croient interdit)
C'est le contresens le plus répandu depuis la rentrée : « mon enfant ne peut plus utiliser d'outils numériques ni d'IA au lycée ». C'est faux, et la nuance est importante pour organiser son travail.
| Usage | Statut depuis le 1er septembre 2026 |
|---|---|
| Téléphone personnel de l'élève, en cours, en récréation, à la cantine | Interdit |
| Montre connectée, écouteurs connectés, tablette personnelle | Interdit (équipements terminaux de communications électroniques) |
| Ordinateurs de l'établissement, salle informatique | Autorisé, dans le cadre pédagogique |
| ENT (espace numérique de travail), manuels numériques | Autorisé |
| Postes du CDI | Autorisé (le règlement intérieur peut même prévoir une dérogation explicite) |
| Tablette ou ordinateur fourni par la région ou l'établissement | Autorisé selon les règles de l'établissement |
Autrement dit, ce qui disparaît, c'est l'usage individuel non encadré pendant le temps scolaire. Le numérique éducatif, lui, reste en place — et il est même appelé à se substituer en partie à ce que les élèves faisaient sur leur téléphone.
Quelles sont les exceptions prévues ?
Le texte prévoit deux catégories d'exceptions, qu'il ne faut pas confondre.
1. L'exception de droit : handicap et santé
L'interdiction ne s'applique pas aux équipements utilisés par les élèves présentant un handicap ou un trouble de santé invalidant. Cela vise notamment les dispositifs de mesure continue du glucose pour un élève diabétique, les applications d'aide à la lecture pour un élève dys, ou les outils de communication alternative. Cette exception est légale : elle ne dépend pas du bon vouloir de l'établissement.
2. Les dérogations du règlement intérieur
Le règlement intérieur peut prévoir des dérogations pour des usages pédagogiques — un professeur qui demande d'utiliser le téléphone pour une activité précise — ou pour des nécessités administratives et organisationnelles : fonctionnement du CDI, du service de restauration, de l'internat.
Réviser mieux avec moins de temps disponible
Le Prof IA aide votre ado à transformer un cours en fiches, quiz et exercices corrigés — le soir, quand il a enfin ses outils.
Essayer Le Prof IAL'effet réel sur le travail scolaire : un déplacement de charge
Le débat public se concentre sur l'attention en classe et le cyberharcèlement. Du point de vue du travail personnel, l'effet principal est ailleurs : les micro-créneaux disparaissent.
Un lycéen utilisait typiquement son téléphone, pendant la journée, pour :
- photographier le tableau ou le cours d'un camarade absent ;
- vérifier une définition, une date, une formule entre deux cours ;
- relire une fiche pendant une heure de permanence ;
- consulter l'emploi du temps ou les devoirs sur l'ENT mobile ;
- réviser dix minutes dans le bus ou le train.
Un ordre de grandeur, à calculer pour votre propre enfant
Faites l'addition sur une journée type : deux récréations de 15 minutes, une pause méridienne, une heure de permanence par semaine, et le trajet domicile-établissement. Même en ne comptant que la fraction réellement consacrée au scolaire, on arrive vite à 20 à 40 minutes par jour de travail fractionné qui n'existent plus sous cette forme. Ce n'est pas une statistique officielle : c'est un calcul à faire, emploi du temps en main, parce qu'il varie énormément d'un élève à l'autre — un interne et un demi-pensionnaire n'ont pas du tout le même profil.
Ce temps ne s'évapore pas. Il se reporte le soir, en un seul bloc, au moment où la fatigue est maximale et où il entre en concurrence avec les devoirs écrits. C'est ce report, et non l'interdiction en elle-même, qui déstabilise l'organisation des premières semaines.
Rappelons par ailleurs le contexte : les 6-17 ans passent plus de 4 heures par jour devant un écran selon les données relayées par Santé.fr. L'enjeu n'est donc pas de supprimer l'écran, mais de décider ce qu'on en fait le soir.
Le protocole de révision en 3 temps à installer dès septembre
La bonne réponse n'est pas de faire la même chose plus tard, mais de répartir différemment les trois opérations du travail scolaire : capter, consolider, restituer. Chacune n'a pas besoin des mêmes outils.
| Opération | Quand | Outil | Pourquoi ce placement |
|---|---|---|---|
| 1. Capter — prendre le cours, noter les consignes, marquer les points non compris | En classe | Papier ou ordinateur autorisé | C'est la seule opération qui doit obligatoirement se faire en présence du professeur. La photo du tableau n'étant plus possible, la prise de notes manuscrite redevient centrale — et elle améliore la mémorisation. |
| 2. Consolider — reformuler, faire des fiches, générer des quiz, se faire réexpliquer un point bloquant | Le soir, 25 à 40 min | IA de soutien, manuel, ENT | C'est là que le temps libéré doit aller. Un assistant permet d'obtenir en 5 minutes l'explication qu'on cherchait à 10 h 15 entre deux cours. |
| 3. Restituer — se tester sans aide, à blanc | Le lendemain matin ou le week-end | Aucun outil | La restitution sans aide est la seule mesure fiable de ce qui est acquis. Elle doit rester non assistée, sinon l'élève confond « j'ai compris en lisant » et « je sais refaire ». |
Les trois habitudes à installer en premier
- Une liste « points bloqués » dans l'agenda papier. Chaque fois que quelque chose n'est pas compris en cours, une ligne. Le soir, cette liste devient l'ordre du jour de la session de consolidation. C'est ce qui remplace la vérification instantanée.
- Un binôme de classe pour les cours manqués. Sans photo du tableau possible, le rattrapage d'une absence doit être organisé à l'avance, pas improvisé.
- Un créneau fixe de consolidation, court. Mieux vaut 30 minutes tous les soirs qu'une session de 3 heures le dimanche : le report du travail fractionné vers un bloc unique est précisément ce qu'il faut éviter.
Ce qu'il faut vérifier dans le règlement intérieur
La loi pose le principe ; le règlement intérieur en fixe les modalités. Quatre points méritent une lecture attentive à la rentrée :
- Le mode de mise à l'écart : téléphone éteint dans le sac, pochette individuelle, casier, dépôt collectif à l'entrée. Les dispositifs varient beaucoup d'un lycée à l'autre.
- Les dérogations explicitement prévues : CDI, restauration, internat, usages pédagogiques encadrés. Si elles ne sont pas écrites, elles n'existent pas.
- La procédure en cas de manquement : le règlement doit préciser ce qui se passe, dans quel délai l'appareil est restitué, et à qui.
- La responsabilité en cas de perte ou de vol lorsque l'établissement organise un dépôt collectif. C'est le point le plus souvent flou, et le plus source de litige.
Si un point vous paraît excéder ce que prévoit la loi, la voie normale est le conseil d'administration de l'établissement, où siègent des représentants des parents d'élèves.
Les questions que se posent les lycéens
Trois objections reviennent systématiquement, et elles méritent des réponses concrètes plutôt qu'un rappel de la règle.
« Et si mes parents doivent me joindre en urgence ? » Le canal reste la vie scolaire, comme au collège depuis 2018. C'est moins commode, mais c'est le régime déjà appliqué à plusieurs millions d'élèves depuis sept ans.
« Comment je fais pour les devoirs notés sur l'ENT ? » Via les postes du CDI ou de la salle informatique, ou à la maison. C'est précisément pour cela que le règlement intérieur peut prévoir une dérogation CDI.
« Je révisais dans le train, je fais quoi ? » Le trajet reste utilisable : l'interdiction porte sur l'enceinte de l'établissement et les activités liées à l'enseignement. En revanche, si le lycée applique un dépôt à l'entrée, le téléphone n'est disponible qu'après la sortie — d'où l'intérêt d'un support papier pour le trajet du matin.